Le Siné Saloum : mangroves, forêts, palétuviers

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D’une grande richesse historique et culturelle, la région du Sine Saloum, au sud de la Petite-Côte, correspond aux régions administratives de Kaolack et de Fatick.

Le Sine Saloum prend son nom du fleuve Saloum et de son principal affluent, le Sine. La région constitue plus de 70 % du bassin arachidier. Elle abritait jadis les royaumes sérères du Sine (capitale Diakhao) et du Saloum (capitale Kahone).

Le delta du Sine Saloum

Ce parc national est l’un des plus beaux sites du Sénégal. D’une superficie d’environ 180 000 hectares, c’est une zone constituée de mangroves, de forêts et de cordons sableux. Elle est située au centre et au sud du bassin arachidier et présente une grande diversité d’écosystèmes naturels. Elle est arrosée par le fleuve Saloum, le Baobolong, un affluent du fleuve Gambie, le Niani Nja bolong, l’affluent de la Sandugou et le Miniminiyang bolong.

Kaolack, la capitale administrative (180 000 habitants environ), abrite une grande usine de trituration de l’arachide (Lyndiane) et le plus grand marché du Sénégal. La région est également renommée pour sa production d’anacardier et pour les salins de Diorane .

La Fête de Mbossé

« Mbossé » (le varan) est le totem de la ville de Kaolack. La fête, en septembre, donne lieu à une impressionnante procession et à des séances divinatoires. Symboliquement, elle place la ville sous la bienveillante protection de « Mbossé » à travers des sacrifices divers.

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La région de Fatick

Elle se trouve à l’ouest du bassin arachidier et englobe le delta du Saloum avec son affluent, le Siné. Cette ensemble est traversé par le Diomos et le Bandiala interconnectés par les chenaux appelés bolongs, bordés de mangroves qui laissent parfois entrevoir des amas artificiels de coquillages fixés par des baobabs centenaires. Fatick connaît une importante activité d’exploitation du sel à partir des sols salés appelés tanns

Les luttes royales

Des séances de luttes sont traditionnellement organisées en octobre-novembre à Fatick. La cérémonie célèbre les récoltes et permet de désigner le champion du tournoi tout en étant un espace de rencontres pour les jeunes.

Le charme des îles

Les villages de pêcheurs du littoral et ceux installés le long des fleuves Sine et Saloum sont des sites touristiques appréciés. La pêche, réalisée de manière artisanale est abondante. Sur la pointe de Sangomar, entre fleuve et océan, se trouvent les villages de Palmarin et de Djiffer. En face, accessibles par pirogue, les îles de Niodior et de Dionewar.

Au nord du delta, la petite ville de Ndangane, sur un bras du Saloum, donne accès à l’île de Mar Lodj où des campements présentant une architecture de style local sont proposés aux visiteurs. A l’extrémité nord-ouest, Foundiougne est un paisible village accessible par ferry. Plus au sud, Sokone, au bord des bolongs, et les villages de Toubacouta et de Missirah sont situés dans une zone forestière, au cœur du parc (lien).

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Les Sérères et les Niominkas

Les Sérères seraient, selon la légende, issus des arpenteurs et géomètres, artisans des pyramides et navigateurs sur le Nil. Sous la protection de Râ, ils se seraient établis dans le Sahel, dans les empires Ougadou du Ghana et d’Aoudaghost, avant de s’établir dans la vallée du Sénégal, où ils cohabiteront avec les Foulbés et les Soninkés. Au IXème siècle, ils refusent de se soumettre aux berbères almoradives qui veulent propager l’islam et s’installent à l’intérieur du Sénégal, dans les régions naturelles du Baol, du Sine et du Saloum. Ces contrées donneront naissance aux royaumes sérères du Baol, du Sine et du Saloum. Des aristocrates Mandingues venant de Gabou se mélangeront aux Kassinka (Sérères) pour donner naissance à la dynastie Guelwar.

Les Niominkas

Une partie de la dynastie Guelwar restera dans les îles du Saloum et sur la petite côte pour donner naissance à l’ethnie Sérère Niominka. Cette société aristocratique est néanmoins égalitaire et sans caste, ce qui explique son esprit d’indépendance parfois très prononcé. Le métissage du Niominka fait de lui une synthèse du paysan, du pasteur et du pêcheur : il s’adonne ainsi à des activités de pêche, de culture (riz, mil, arachide), et d’élevage (boeufs, petits ruminants)

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